ARDENT




le 14 juin 2023 - Carla Giannotti -










La braise pétillant d’éclats rougeâtres

En vives pépites d’or et d’agrumes

Finira en morceau noir charbon dans l’âtre :

Tout ce qui fume un jour s’écume

L’étincelle d’aujourd’hui est la poussière de demain

Éblouissant sans obtenir gain

Car ce qui brille se consume et inéluctablement faillit

Fruits flétris de la fulgurance de nos fières fantaisies





La plume sature le papier en pétales de cendres velours

La fumée impétueuse connaît son agonie létale

S’éteindre ? bientôt peut-être, sûrement un jour

Henri Barbusse forge le Feu en récit martial



Une seule bouchée de passion suffit à s’y brûler

Et le coulis de mots tiédis se fige en Paroles Gelées

Cupidon rapace cupide n’y cherche que son compte :

Lueur de l’adultère, La Fayette la dompte



Alors nous écrivons, messagers de la flamme

Relatant la fugacité de nos états d’âme

Loquacités de la passion primaire

Marquant le fer, la terre, en manuels ou syllabaires



Candide connaît l’autodafé

Fahrenheit 451 : papier brûlé

Dom Juan jeté aux enfers

Et Le feu du ciel guidant Hugo au cœur des déserts…





Le tout-puissant texte touche l’âme et divinement l’enivre

Et c’est ainsi que toi et moi empilons les livres

Qui craint le cierge peut dans le récit en tâter les contours

En son creux on imagine on aime on vit la douceur la haine et puis l’amour



Alors les délicatesses de l’imaginaire

Enveloppent nos pensées vagabondes

Et dans l’onde légère

Se façonnent nos stylistiques fécondes




 






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