SING AND CRY LITTLE BIRD



Adélaïde de Wilfrid Almendra dont l’oeuvre Sing and cry little bird est une création insolite entre débris et parure, une renaisance de la matière menée à la perfection, d’un oeil extrêmement poétique.


le 7 décembre 2022 - Alexandre Carmin -









Silence




Wilfrid Almendra nous emmène sur le sentier d’une décharge, dans un décor ouvrier magnifié. Dans le paysage en friche, les déchets charriés par l’industrie prennent la coquetterie de l’opale.

Des murs blancs

écrans oniriques qu’éclipse le réel
{ou l’inverse}

Au sol de béton résonnent les ombres, on navigue sur les gerçures du calcaire et la suavité du pétrole. C’est un songe au bord de la vérité. Brute et poétique, artifice ou sauvage, la chair s’épiphanise en rêve. L’affirmation, entre coup de poing et négligence, s’étend sous nos yeux, lascive et douloureuse.

Un paon — un bidon de fioul — des gants

ciselés de lumière, sous les projecteurs aveuglants.
D’abord Antonio les gants de travail, bleu céruléen, indifféremment posés sur le sol.
Hommage au propriétaire éponyme.

Sur le monolithe de plastique, impassible et défiant, un oiseau. Écume de métal aux reflets huileux. Constellation de cendres laiteuses.
Sur sa crête frémissent tous les Yves Klein.

Et le regard dilué dans les caresses froides de l’aluminium glissant irrémédiablement sur la cuve d’un camel crassé. La respiration échoue dans un cloaque aux nuances sahariennes.

C’est une épave.

Rejeton d’une économie qui souille sa mer, abandonne sa terre, obère ses enfants.







L’immobilité est un memento mori éloquent,
la vanité adopte l’évidence poétique du banal.

De la crasse surgit le charme, de cette gabegie une délicatesse déchirante.

C’est un radeau.

Humble embarcadère pour l’immanence, ses voiles faseyent au crépuscule du symbolisme, entre matérialité et éblouissement, authenticité et opiacées.

La répétition du minéral est une mythologie élémentaire.

La vision transfigurée au fil de l’analogie vagabonde entre icône et indices.

Il n’y a que des présences, la seule conscience est gestuelle, déambulation, contemplation.
Assomption du temps donc, puisque cadencée à l’instant pur.


Wilfrid Almendra, Sing and Cry Little Bird, 2022
Fonte d’aluminium, plastique, peinture.
Photos Laurent Lecat © ADAGP
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